J’ai pu lire dans le magazine La Recherche de ce mois-ci un entretien de Laurent Schwartz, oncologue à l’Hôpital de la Pitié-Salprétrière. Il conduit également des recherches à l’École polytechnique de Palaiseau. Selon lui, il faut simplifier notre vision du cancer afin d’en définir un tableau clinique précis. La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui ressemble à celle de la société du siècle dernier face à la tuberculose.

En effet, le tuberculose était une maladie difficile à diagnostiquer puisque le bacille pouvait se loger à des endroits variés (poumons ou os par exemple) et l’évolution de la maladie pouvait être rapide ou lente. Le plus impressionnant c’est l’absence de perspective thérapeutique. Pourtant, en 1940, la découverte de la streptomycine, premier antibiotique efficace contre le bacille de Koch, a permis de vider les sanatorium des tuberculeux. Schwart pense qu’un sort similaire attend le cancer, que la solution est à portée de main.

On remarque également que ces deux maladies ont eu des histoires inversées. Lorsque Koch s’est intéressé à la maladie, il a unifier tous les tableaux cliniques de la maladie. Le cancer a connu un chemin inverse, on a d’abord parlé du cancer, mais on sait maintenant qu’il existe de multiples formes de cancer. D’ailleurs, ces clivages ont pu faire perdre de vue l’unité de cette maladie.

Selon certains chercheurs, et notamment L. Schwart, le seul point constant dans le cancer serait l’inflammation. D’autre part, les tissus inflammés sont de gros consommateurs de glucose car ils ne sont pas capables d’obtenir la même quantité d’énergie qu’une cellule normale pour une même quantité de glucose. En d’autre terme, des déchets de combustion s’accumulent dans la cellule semblant forcer sa division. Le cancer serait donc une maladie métabolique et pas uniquement une maladie de l’ADN.

Curieusement, ce versant de la recherche sur le cancer est complètement laissé pour compte et peu d’équipes travaillent sur ces aspects. En 1920, Warburg avait déjà présentis cet aspect, puis certains de ses élèves ont montré que le système de transport du glucose vers les mitochondries était nettement diminué dans les cellules cancéreuses.

Je tiens à préciser que je ne dis pas accorder du crédit à cette théorie, il m’a uniquement semblé bon d’en parler ici. Je dois quand même avouer qu’il s’agit d’une nouvelle forme de pensée concernant le cancer, qui peut permettre d’ouvrir de nouvelles voies de recherche.

2 thoughts on “Une autre vision du cancer…

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